. E X E

. E X E
«Le Départ.»


J’épelle ton Nom
loin des terres sans orles et
des rivages sans repères.

 

Marche devant eux.
 

J’appelle leurs corps
sarclés à la crosse et
aux âmes en bandoulière.


Marche devant eux,
dans une colonne de nuée
le jour pour les guider,
la nuit pour les éclairer
dans une colonne de feu.

 

Marche devant eux...

I spell your Name
far from lands without edges and
banks without shores.


March in front of them.
 

I summon their remains
weeded in the butt and
with souls over the shoulder.

 

March in front of them,
in a column of thick cloud
in the daytime to guide them,
at night to light them
in a column of fiery fire.

 

March in front of them ...
 

 

                    Par-Défaut Julien Fesil

PROCESS

1

DIGITAL PAINT

2

ANAGLYPH (3D)

3

PRINT ON LINEN

4

ADD OIL PAINT

Parachevée à l’orée de l’an
2016,
. EXE est une série de six
tableaux huileux & digitaux
dont la genèse exprime le desi-
deratum complexe d’une union in-
termédia.
Influencée par des sphères da-
tabendées et affiliées au Concept
Art, la partie numérique de l’ou-
vrage se veut interrogative quant
à la perception, non-initiée, des
pratiques de l’artiste 2.0.

 

  Toutes ces œuvres s’attelant à l’étreinte, de la peinture à l’huile et digitale, utilisent le procédé de la 3D anaglyphe! Un système purement mécanique permettant ainsi la manifestation de ces deux techniques dans l’espace tridimensionnel, expression finale de cette accointance entre le pigment & la macule numérique. À défaut de ne pouvoir vous déplacer pour en observer l’union, chaque photographie permet une retranscription exacte de l’anaglyphe, occultant cependant la facture physique naturelle de la touche huileuse. Pour en constater les effets, il vous suffit d’ajuster une paire de lunettes 3D (Cyan || Magenta) à vos mirettes!

| G.i.F |

 

[Parhélie.

Parhélie dans cet infiniment fini.]

J'ai vu un trône élevé,

resplendissant,

et celui qui y siégeait.

Un Homme.

Les Autres,

la Terre,

le Ciel,

tous s'enfuirent devant sa face

et il ne fut trouvé aucune place pour eux.

Prisonnier de son affliction,

orbe dans cette aube écarlate,

las de juger,

il en porte les stigmates.

 

 

// Par-Défaut Julien Fesil //

 

[Sun dog.

Sun dog in this infinetly finite.]

I saw a great throne,

glowing,

and the one who sat upon it.

A Man.

The Others,

the Earth,

the Heaven,

all fled away seeing his face

and there was found no place for them.

Common criminal hanging on his affliction,

orb In this scarlet eve,

weary of judging,

he bears the stigmata.

.RAW

«Je me considérais premièrement
comme ayant un visage, des mains, des
bras et toute cette machine compo-
sée d’os et de chair telle qu’elle paraît
en un cadavre, laquelle je désignais
par le nom de corps. [...]
Ou bien, si je m’arrêtais, je m’imaginais
qu’elle était quelque chose d’extrême-
ment rare et subtil, comme un vent, une
flamme ou un air très-délié qui était in-
sinué et répandu dans mes plus gros-
sières parties.»

 

René Descartes Méditation deuxième. «Méditations métaphysiques.»1641

«.RAW» n’est qu’hybridation des substances, l’expression d’un tout par la vivisection d’un être.
Devant l’avenir, le res extensa questionne le cogitans, inhumé, haché par la silice du sablier.
Sous les coups du Jacquemart, à l’heure des fouilles, nous parvient seul le fossile d’une vie cris-
tallisée sur le lin.
Et la machinerie dialogue avec son créateur. Un corps se disloque et ses empreintes surannées
demeurent.
Son âme est un vacarme: une palette de bruis sourds.

.bdx #2 [La ville et la mémoire.]
.bdx #1 [La ville et le désir.]
.bdx #3 [La ville et la mort.]

.bdx

«Mais la ville ne dit pas son passé,
elle le possède pareil aux lignes d’une
main, inscrit au coin des rues, dans les
grilles des fenêtres, sur les rampes des
escaliers, les paratonnerres, les hampes
des drapeaux, sur tout segment mar-
qué à son tour de griffes, dentelures,
entailles, virgules..»

Italo Calvino «Les villes invisibles.»1972

«.bdx» est une galerie de portraits, divers faciès figés que deux entités se renvoient. L’Homme
est à la ville ce que la Ville est à l’homme et il ne peut en être autrement.
Ce flux les transcende et les lie.


Elle, d’une physionomie abstruse, n’est que l’expression désirable d’une anatomie qui ne cesse
de croître, s’allonger et s’effiler sous les caresses des Sibylles, des souvenirs, des songes et soupirs,
ces seules richesses qu’a le pèlerin qui repose en son sein.
Être tentaculaire et ramifié, il nourrit ses fruits au gré de pérégrinations hasardeuses, à l’angle
que dessinent deux façades périclitantes en abreuvant les dédales des rues de ressentiments
invisibles. Les éclaboussant tantôt, les inondant céans, ces crues qui échappent à leurs lits im-
prègnent la pierre d’une indolente mélancolie.
Enracinée dans l’asphalte, pénétrant l’entendement faïencé, la Ville phagocyte les corps et se
délecte du mouvement. Dans cet élan elle anticipe les courbes de son nouvel horizon, un futur
racrapoté dans le passé et bâtit par celui qui l’a faite, la fait et la fera.
À l’ombre de sa captation, elle croque les linéaments de l’Homme qui la contemple.
Lui, démiurge à son cœur défendant, les phalanges émaillées de glaise, la travaille au corps,
fermement, avec la hardiesse qui autrefois terrassa le colosse philistin.
Il s’imprègne de ses passions, se dévoile, s’imbibe de ses visions et se modèle une mémoire, des
lubies, un regard.
Sous ce ciel qui calfeutre son nom, il arbore déjà une nouvelle géographie de l’identité.

 
 
 
 
  • Facebook - Black Circle
  • Tumblr - Black Circle
  • Instagram - Black Circle
  • Pinterest - Black Circle
  • Vimeo - Black Circle
  • SoundCloud - Black Circle
  • LinkedIn - Black Circle

CONTACT ME

WRITE ME IF YOU HAVE MORE QUESTIONS OR TO PLACE ORDER.

©2017 || Julien Fesil

Nom *

Email *

Sujet

Message